Le sens d’une larme

Nous sommes lundi matin. Les yeux fermés, j’entre tranquillement en contact avec mon intériorité, me reliant doucement à ma respiration. Seule avec moi-même dans cette obscurité aussi impalpable qu’apaisante, après 3 jours de mouvements, de rencontres, de retrouvailles, d’échanges.

Le flux de la Vie, chaque jour, est incessant. Et bien que je mette un point d’honneur à m’octroyer au moins 1h30 avec moi même six jours sur sept, celà ne suffit pas toujours lors d’épisode de mouvements plus denses.

Au cours de ma méditation, des pensées s’invitent et m’effleurent, je m’y attarde, je les suis un peu, pour voir…
Elles me mènent au sentiment si cher à mon coeur, si boulversant. Elles me mènent au coeur de cette émotion et de cette énergie de gratitude, qui ne demande qu’à s’exprimer au travers de mon corps. Je sais que vient un moment où le trop plein d’Amour doit s’exprimer…

En ce qui me concerne, souvent.

Je laisse le processus s’opérer et se dérouler. J’observe. Mon corps, mes pensées. Souvenirs de danses, de rencontrent, de partages, autants de bénédictions, de grâce, de liberté d’être, de créer, cette paix, cette joie immense d’appartenir à la Vie, à l’Humanité, à tout ce qui EST.

Et de la tristesse aussi. Un peu. Car tout ce qui procure de la joie en provenance de l’extérieur, possède un début. Et une fin.

S’autoriser la Joie, mais préférer la paix. Qui elle, dure, quelque soit les circonstances et les conditions extérieures.

Je contacte ma paix, me relie à Elle. De mon mieux. Douce sagesse du laisser être, laisser aller, de l’abandon à la Vie.

Dire au revoir.

Une larme s’invite. Mes paupières toujours closes. Perle lacrymal trouve chemin pour s’extraire. J’observe le processus. Je sens cette larme unique et douce, rouler sur ma joue. J’observe que le grain de ma peau la ralentit, l’amoindrit, et finit par l’assécher. Je m’en étonne, curieuse. Recul sur la situation, prise de distance. Observation constante, précise et bienveillante.

Dire au revoir à quelqu’un que l’on aime. Remercier la Vie pour ce présent. Et me permettre de vivre ressentir ma tristesse. La prendre dans mes bras, la bercer sur mon coeur. Sans faire durer trop ce mélodrame, dont je sais que mon Ego va se nourrir. Vivre, en se guettant en train de Vivre.

La tristesse sert à dire au revoir. A quelque chose. A quelqu’un.

A l’inverse, si on laisse les larmes couler à l’intérieur, qu’elle place nous restera-t-il pour accueillir d’autres moments de bonheur ?

Si on ne laisse pas aller, on se noie. De l’intérieur. De même que si l’on se complaint dans notre peine, en laissant toute la place à cela des jours ou des semaines durant, on se noie. De l’extérieur.

Trouver l’équilibre en Tout.

Pleurer est une purification de l’esprit, une infime libération de l’âme. Une grâce de la Vie.

Ainsi, le sens d’une larme est celui que l’on veut bien lui donner.


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